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Besoin de conseils pour l'HDA

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Besoin de conseils pour l'HDA

Messagepar Mathilde le Jeu 19 Mai 2016 09:00

Bonjour !

Mon épreuve orale d'histoire des arts approche à grands pas ! Je suis en train de finir mes recherches sur mes oeuvres choisies et, si vous en avez le temps, j'aimerais beaucoup que vous me donniez vos conseils sur une de mes oeuvres travaillées : le poème 'Strophes pour se souvenir' de Louis Aragon, ainsi que 'l'Affiche Rouge'.

Arts du langage :
« Strophes pour se souvenir »
« L’Affiche Rouge »


CONTEXTE HISTORIQUE :

Louis Aragon, poète engagé du XXème siècle, écrit « Strophes pour se souvenir », un hommage au groupe de résistants Manouchian. Résistants étrangers fusillés par la Gestapo en 1944, ils étaient partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée. Leur verdict tombe le 21 février au matin et ils sont alors 23 à être fusillés dans la journée.
Parmi eux, 10 composeront alors « L’Affiche Rouge » qui sera placardée dans toute la France et distribuée sous forme de tracts.
Quelques heures avant son exécution, Missak Manouchian, résistant à la tête de ce groupe, écrit une lettre chargée d’émotions, sa dernière, qu’il adresse à Mélinée, sa fiancée. Il lui y dévoile ses rêves et ses regrets. C’est en s’inspirant librement de cette dernière lettre que Louis Aragon écrira « Strophes pour se souvenir ».

1- « L’Affiche Rouge »

IDENTIFICATION :

Titre: « L’Affiche Rouge »
Date de publication: Février - Mars 1944
Commanditaire: Les services de propagandes allemands.
Destinataire: La population française
Nature: Affiche de propagande
Forme: Affiche ou tracts

ANALYSE :

Cette affiche de propagande fut placardée en 15000 exemplaires aux murs de la France.
On y voit des photos de dix des 23 résistants fusillés : sous chaque photo est inscrit le nom de l’homme, sa nationalité et son « activité » au sein de la Résistance. Les noms aux consonances étrangères cherchent à faire croire que les Résistants n’étaient pas Français. Un triangle noir part des portraits des résistants et pointent d’autres photos, des images d’attentats et d’armes. Par ce moyen, les Résistants sont fait terroristes et assassins.
Deux slogans se lisent : le premier, en haut de l’affiche « DES LIBERATEURS ? » en blanc. En rouge, en bas de l’affiche, le second slogan répond à la question posée plus haut : « LA LIBÉRATION PAR L’ARMÉE DU CRIME ! ».
Les couleurs omniprésentes de l’affiche sont le rouge, couleur du sang, et le noir, représentant la mort. L’affiche cherche à effrayer, sa mise en page est agressive.
L’affiche cherche à dissuader ceux qui voudraient rentrer dans la Résistance : elle est alors assimilée au terrorisme. Il s’agit donc d’une affiche de propagande car elle cherche à influencer l’opinion du destinataire, lui faire changer de point de vue. Elle se sert des ressorts psychologiques de la peur et de la xénophobie : les Allemands cherchent à répandre des idées antisémites et anticommunistes auprès de la population française. En intimidant la population, ils incitent les Français à dénoncer les Résistants et les Juifs.

CONCLUSION :

Cette célèbre affiche deviendra le symbole de la Résistance. Bien qu’il soit difficile d’évaluer l’effet exact de cette affiche, il est certain que pour beaucoup, ces documents accusateurs furent l’occasion de poser des hommages. Des fleurs furent laissées sous les affiches, des bandeaux furent collés où étaient écrits des mots tels que ‘Des martyrs’ ou ‘oui ! L’armée de la Résistance’. Il est clair que l’objectif de l’affiche ne fut pas atteint : la haine suscitée s’éleva bien contre les bourreaux, non contre les Résistants.


2- « Strophes pour se souvenir »

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

IDENTIFICATION :

Titre: « Strophes pour se souvenir »
Auteur: Louis ARAGON
Année: 1956
Tiré de: « Le Roman Inachevé »

ANALYSE :

Dans ce poème, Aragon rend hommage aux 23 fusillés du groupe Manouchian. Onze ans après l’évènement, il désire remémorer ces hommes morts pour la France : « Onze ans déjà que cela passe vite onze ans ». Il ravive le souvenir de ces hommes qui se sont sacrifiés pour la liberté.
Le poème est constitué de trois parties : dans la première (vers 1 à 18), le poète parle directement au groupe de résistants en utilisant la seconde personne du pluriel. De cette façon, il leur rend directement hommage, leur parle comme au delà de leur mort. Dans la deuxième partie (vers 19 à 30), il donne la parole à Manouchian en citant sa lettre à sa fiancée. C’est ce qui rend le poème particulièrement émouvant : le lecteur entend directement la voix de Manouchian, les mots d’amour d’un homme qui va mourir. La troisième et dernière partie peut s’apparenter à une épitaphe, elle rappelle la valeur du sacrifice de ces hommes : elle s’adresse directement au lecteur.
Ce poème dessine un paysage triste, un temps de guerre. Le rouge sanglant (« l’affiche qui semblait comme une tache de sang »), le gris (« tout avait la couleur uniforme du givre ») et le noir (« noir de barbe » / « nuits hirsutes »), les couleurs du malheur, sont représentées.
Le poème est rempli de mots du champ lexical de la mort, rappelant les massacres de la guerre.
L’auteur fait un véritable éloge de ces hommes : il les représente comme des personnes courageuses, loyales, suivants leurs convictions, ne craignants pas de donner leur vie pour les causes qu’ils défendent.
Aragon glisse dans le poème une adaptation de la dernière lettre de Manouchian. Il nous fait alors entrer dans la vie, dans l’intimité de l’un de ces hommes en suscitant notre émotion. De cette manière, il les humanise, il rappelle que ils n’étaient pas que de simples portraits sur une affiche : comme nous, ils avaient une vie, une famille, des rêves, des envies. Et malgré ça donnant leur vie. Ils nous apparaissent alors en héros.
À la fin du poème, il fait de ces hommes qui étaient dits étrangers des frères, par cette phrase : « Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant ». Il nous lie à ces hommes et à leur combat.


CONCLUSION :

Par cette oeuvre, Aragon se fait gardien de la mémoire de ces hommes. Il ravive le souvenir de cette guerre et ne nous fait pas oublier ses héros qui se sont sacrifiés pour la France. Personnellement, ce poème m’a profondément bouleversée. Il s’agit là d’un magnifique hommage, un des plus beau qui puissent être. La voix de Manouchian au coeur du poème nous fait voir ces hommes comme des héros, nous rapprochent d’eux, ce qui est d’autant plus troublant et émouvant.


Merci d'avoir pris le temps de me lire. J'attends vos précieux conseils ! Grand merci d'avance !
Mathilde
 

Re: Besoin de conseils pour l'HDA

Messagepar professeur 9 le Jeu 19 Mai 2016 13:48

Bonjour Mathilde,

Tu trouveras quelques conseils écrits en rouge au fil de ton texte copié ci-dessous :

Arts du langage :
« Strophes pour se souvenir »
« L’Affiche Rouge »


CONTEXTE HISTORIQUE :

Louis Aragon, poète engagé du XXème siècle, écrit « Strophes pour se souvenir », un hommage au groupe de résistants Manouchian. Résistants étrangers fusillés par la Gestapo en 1944, ils étaient partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée. Leur verdict tombe l'expression est familière.le 21 février au matin et ils sont alors 23 à être fusillés dans la journée.
Parmi eux, 10 composeront alors « L’Affiche Rouge » NON, en te lisant, on peut croire qu'ils composent l'affiche, qu'ils en sont les auteurs, tu devrais plutôt écrire : "leurs portraits sont réunis sur une affiche composée par les services de propagandes allemands"
qui sera placardée dans toute la France et distribuée sous forme de tracts.
Quelques heures avant son exécution, Missak Manouchian, résistant à la tête de ce groupe, écrit une lettre chargée d’émotions, sa dernière, qu’il adresse à Mélinée, sa fiancée. Il lui y dévoile (il y dévoile) ses rêves et ses regrets. C’est en s’inspirant librement de cette dernière lettre que Louis Aragon écrira « Strophes pour se souvenir ».

1- « L’Affiche Rouge »

IDENTIFICATION :

Titre: « L’Affiche Rouge »
Date de publication: Février - Mars 1944
Commanditaire: Les services de propagandes allemands.
Destinataire: La population française
Nature: Affiche de propagande
Forme: Affiche ou tracts

ANALYSE :

Cette affiche de propagande fut placardée en 15000 exemplaires aux murs de la France.
On y voit des photos de dix des 23 résistants fusillés : sous chaque photo est inscrit le nom de l’homme, sa nationalité et son « activité » au sein de la Résistance. Les noms aux consonances étrangères cherchent à faire croire que les Résistants n’étaient pas Français. Un triangle noir part des portraits des résistants et pointent d’autres photos, des images d’attentats et d’armes. Par ce moyen, les Résistants sont fait terroristes et assassins.
Deux slogans se lisent : le premier, en haut de l’affiche « DES LIBERATEURS ? » en blanc. En rouge, en bas de l’affiche, le second slogan répond à la question posée plus haut : « LA LIBÉRATION PAR L’ARMÉE DU CRIME ! ».
Les couleurs omniprésentes de l’affiche sont le rouge, couleur du sang, et le noir, représentant la mort. L’affiche cherche à effrayer, sa mise en page est agressive.
L’affiche cherche à dissuader ceux qui voudraient rentrer dans la Résistance : elle est alors assimilée au terrorisme. Il s’agit donc d’une affiche de propagande car elle cherche à influencer l’opinion du destinataire, lui faire changer de point de vue. Elle se sert des ressorts psychologiques de la peur et de la xénophobie : les Allemands cherchent à répandre des idées antisémites et anticommunistes auprès de la population française. En intimidant la population, ils incitent les Français à dénoncer les Résistants et les Juifs.

CONCLUSION :

Cette célèbre affiche deviendra le symbole de la Résistance. Bien qu’il soit difficile d’évaluer l’effet exact de cette affiche, il est certain que pour beaucoup, ces documents accusateurs furent l’occasion de poser des hommages. Des fleurs furent laissées sous les affiches, des bandeaux furent collés où étaient écrits des mots tels que ‘Des martyrs’ ou ‘oui ! L’armée de la Résistance’. Il est clair que l’objectif de l’affiche ne fut pas atteint : la haine suscitée s’éleva bien contre les bourreaux, non contre les Résistants.


2- « Strophes pour se souvenir »

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

IDENTIFICATION :

Titre: « Strophes pour se souvenir »
Auteur: Louis ARAGON
Année: 1956
Tiré de: « Le Roman Inachevé »

ANALYSE :

Dans ce poème, Aragon rend hommage aux 23 fusillés du groupe Manouchian. Onze ans après l’évènement, il désire remémorer commémorer plutôt ou rendre hommage ces hommes morts pour la France : « Onze ans déjà que cela passe vite onze ans ». Il ravive le souvenir de ces hommes qui se sont sacrifiés pour la liberté.
Le poème est constitué de trois parties : dans la première (vers 1 à 18), le poète parle directement au groupe de résistants en utilisant la seconde personne du pluriel. De cette façon, il leur rend directement hommage, leur parle comme au delà de leur mort. Dans la deuxième partie (vers 19 à 30), il donne la parole à Manouchian en citant sa lettre à sa fiancée. C’est ce qui rend le poème particulièrement émouvant : le lecteur entend directement la voix de Manouchian, les mots d’amour d’un homme qui va mourir. La troisième et dernière partie peut s’apparenter à une épitaphe, elle rappelle la valeur du sacrifice de ces hommes : elle s’adresse directement au lecteur.
Ce poème dessine un paysage triste, un temps de guerre. Le rouge sanglant (« l’affiche qui semblait comme une tache de sang »), le gris (« tout avait la couleur uniforme du givre ») et le noir (« noir de barbe » / « nuits hirsutes »), les couleurs du malheur, sont représentées.
Le poème est rempli de mots du champ lexical de la mort, rappelant les massacres de la guerre. Fais un relevé ici. Il faut justifier.
L’auteur fait un véritable éloge de ces hommes : il les représente comme des personnes courageuses, loyales, suivants leurs convictions, ne craignants (participe présent invariable) pas de donner leur vie pour les causes qu’ils défendent.
Aragon glisse dans le poème une adaptation (une réécriture poétique) de la dernière lettre de Manouchian. Il nous fait alors entrer dans la vie, dans l’intimité de l’un de ces hommes en suscitant notre émotion. De cette manière, il les humanise, il rappelle qu'ils n’étaient pas que de simples portraits sur une affiche : comme nous, ils avaient une vie, une famille, des rêves, des envies. Et malgré ça donnant leur vie. Ils nous apparaissent alors en héros.
À la fin du poème, il fait de ces hommes qui étaient dits étrangers des frères, par cette phrase : « Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant ». Il nous lie à ces hommes et à leur combat.


CONCLUSION :

Par cette oeuvre, Aragon se fait gardien de la mémoire de ces hommes. Il ravive le souvenir de cette guerre et ne nous fait pas oublier ses héros qui se sont sacrifiés pour la France. Personnellement, ce poème m’a profondément bouleversée. Il s’agit là d’un magnifique hommage, un des plus beau qui puissent être. La voix de Manouchian au coeur du poème nous fait voir ces hommes comme des héros, nous rapprochent d’eux, ce qui est d’autant plus troublant et émouvant. Tu pourrais ajouter qu'il s'agit d'un poème engagé et lyrique.

Bon courage pour l'oral et à très bientôt sur le forum.
professeur 9
 
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Re: Besoin de conseils pour l'HDA

Messagepar Mathilde le Jeu 19 Mai 2016 14:48

Merci beaucoup de votre aide et de vos conseils !
Mathilde
 


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